Il n’existe pas de temps de réverbération recommandé unique. Les textes lus ne fixent une durée que pour certains bâtiments neufs, écoles et établissements de santé. C’est par exemple 0,4 à 0,8 s dans une salle de classe de 250 m³ ou moins. Ailleurs, les valeurs publiées sont des recommandations, et elles changent avec le volume, l’usage et la fréquence retenue.
Ce que la loi fixe, et seulement pour certains bâtiments
| Local | Volume | Durée | Arrêté |
|---|---|---|---|
| Salle d’enseignement | 250 m³ ou moins | 0,4 à 0,8 s | Enseignement |
| Salle d’enseignement, sauf atelier bruyant | Plus de 250 m³ | 0,6 à 1,2 s | Enseignement |
| Salle de restauration scolaire | 250 m³ ou moins | 0,4 à 0,8 s | Enseignement |
| Salle de restauration scolaire | Plus de 250 m³ | ≤ 1,2 s | Enseignement |
| Salle polyvalente scolaire, avec étude particulière | Plus de 250 m³ | 0,6 à 1,2 s | Enseignement |
| Autres locaux accessibles aux élèves | De 250 à 512 m³ | ≤ 1,2 s | Enseignement |
| Autres locaux accessibles aux élèves | Plus de 512 m³ | ≤ 0,15 × racine cubique de V | Enseignement |
| Chambre, salle d’examen, bureau de consultation | 250 m³ ou moins | ≤ 0,8 s | Santé |
| Salle de restauration | 250 m³ ou moins | ≤ 0,8 s | Santé |
| Salle de repos du personnel | 250 m³ ou moins | ≤ 0,5 s | Santé |
| Accueil du public | 250 m³ ou moins | ≤ 1,2 s | Santé |
Durée ou temps de réverbération, c’est la même grandeur : le temps que met un son à perdre 60 dB après l’arrêt de la source. V désigne le volume en m³. Pour lire ces valeurs, le guide du Conseil national du bruit (CNB) retient la « moyenne arithmétique » des octaves de 500, 1 000 et 2 000 Hz. Il les entend dans des « locaux normalement meublés et non occupés ».
La formule en 0,15 prolonge le seuil de 1,2 s. La racine cubique de 512 vaut 8, et 0,15 × 8 = 1,2 s. Pour un hall de 1 000 m³, elle donne 1,5 s. Les locaux publics de santé de plus de 250 m³ suivent la même règle. Les tableaux complets figurent aux pages sur l’acoustique des écoles et sur les établissements de santé, et la réglementation acoustique des bâtiments situe ces arrêtés.
Les autres textes parlent de surface plutôt que de durée. Pour les logements et les hôtels, ils demandent une aire d’absorption d’au moins le quart du sol dans certaines circulations. Les arrêtés sur l’accessibilité des établissements recevant du public, de 2014 et 2017, prévoient, à défaut d’autre texte, une aire d’au moins 25 % du sol. Elle concerne les espaces d’accueil et d’attente et les salles de restauration. Dans les textes lus, aucune durée n’est fixée pour un restaurant ou un café situé hors enseignement et santé, comme l’explique la page acoustique d’un restaurant.
Temps de réverbération recommandé : pas de valeur unique
Le volume et l’usage jouent ensemble. La fiche A4 du Centre d’information sur le bruit (CidB) publie un graphique de la « durée de réverbération optimale », à 1 000 Hz, de 50 à 10 000 m³. Ses quatre courbes se superposent, de bas en haut : parole en direct, musique de chambre, musique symphonique, musique religieuse. Toutes montent avec le volume.
La fréquence change aussi le chiffre. Les arrêtés de 2003 prennent la moyenne de 500, 1 000 et 2 000 Hz. Le repère du CidB vise 500 et 1 000 Hz. Une fiche de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) sur un restaurant d’entreprise donne une valeur à 1 kHz. Sans ces conditions, comparer deux durées n’a pas de sens.

Ce qui reste une recommandation : repère du CidB, CNB, normes volontaires
La fiche A4 donne un ordre de recherche. La durée à respecter se trouve dans les « textes réglementaires » ou dans les « pièces écrites de l’opération ». Si elle n’est précisée nulle part, on peut utiliser le graphique ou la formule T = 0,1 × racine cubique de V, où T est la durée. Cette formule « est surtout valable dans le domaine des locaux de parole », et la fiche tolère 30 % de plus dans les graves. C’est un repère, sans valeur de norme.
| Volume | T = 0,1 × racine cubique de V |
|---|---|
| 50 m³ | 0,37 s |
| 100 m³ | 0,46 s |
| 250 m³ | 0,63 s |
| 500 m³ | 0,79 s |
| 1 000 m³ | 1,00 s |
| 5 000 m³ | 1,71 s |
Ce repère n’est pas la règle légale en 0,15. Il s’écarte aussi du graphique de sa propre fiche. Les deux concordent à peu près jusqu’à 500 m³ environ, puis la formule monte plus vite, jusqu’à près du double de la courbe de la parole vers 10 000 m³. La fiche propose l’un ou l’autre sans limiter la formule. Pour un grand volume, comme dans les salles polyvalentes, mieux vaut ne pas s’en tenir à la formule seule.
| Local | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Crèche, salles de jeux | 0,5 à 0,6 s | Guide du CNB, volet B |
| Bâtiment de sport, salles, halls et restaurants de plus de 250 m³ | ≤ 0,10 × racine cubique de V, de 500 à 4 000 Hz | Guide du CNB, volet B |
| Bâtiment de sport, mêmes locaux de 250 m³ ou moins | ≤ 0,6 s, de 500 à 2 000 Hz, ou aire d’absorption au moins égale au sol | Guide du CNB, volet B |
| Salle de classe, espace administratif | 0,6 s | Notice Bâtir l’École, citant l’OMS |
| Salle de musique, polyvalente, de sport, de restauration scolaire | 1 s | Notice Bâtir l’École, citant l’OMS |
| Restaurant « de taille moyenne » | 0,6 à 1 s | CidB, guide Resto Quiet |
| Bureau assez pourvu en matériaux absorbants | ≤ 0,5 s | Travail & Sécurité n° 882 |
Chaque ligne appelle une réserve. Les « restaurants » du CNB sont ceux des bâtiments de sport, pas un restaurant de ville. La notice Bâtir l’École parle d’« indicateurs cibles souhaitables », alors que l’arrêté admet jusqu’à 1,2 s au-delà de 250 m³. Nous avons retrouvé ces chiffres de l’OMS dans une copie de Community Noise de 1995, sans pouvoir ouvrir la version finale de 1999. Le guide Resto Quiet ne définit pas la « taille moyenne ».
Les normes restent volontaires et payantes. La NF S 31-080 concerne les bureaux et locaux tertiaires, et la NF S 31-299, référencée par l’AFNOR en octobre 2025, les bars et les restaurants. Cette page ne reproduit pas leurs valeurs.
Locaux de travail : on parle de décroissance DL, pas de durée
Dans un atelier, le droit du travail ne raisonne pas en secondes. L’article R.4213-5 du Code du travail vise les locaux dont les équipements peuvent exposer à plus de 85 dB(A) par jour. Le dB(A) est un décibel filtré qui imite la sensibilité de l’oreille. L’arrêté du 30 août 1990 chiffre alors la décroissance DL, ce que perd le niveau quand la distance à la source double. La page sur l’acoustique industrielle donne ses valeurs.
Cette grandeur ne vaut pas partout. Selon l’INRS, elle « n’est toutefois pas adaptée à la qualification de locaux de petites dimensions (grande longueur < 16 m ou petite longueur < 8 m) ». On y emploie alors la durée de réverbération, mais l’INRS ajoute : « La réglementation sur la protection des travailleurs ne prend pas en compte ce paramètre. »
Pourquoi une valeur conforme ne suffit pas toujours
Guy Capdeville, consultant privé en acoustique, décrit trois restaurants scolaires au plafond déjà absorbant, dans un exposé à une matinée de l’INRS. Leurs durées atteignent 0,85, 0,7 et 0,7 s pour une cible de moins de 1,2 s. Pendant le service, le niveau moyen reste à 84, 81 et 80 dB(A).
Sa conclusion n’engage que lui : « La seule maîtrise du temps de réverbération n’est pas forcément suffisante pour permettre d’obtenir un local satisfaisant d’un point de vue acoustique. » La fiche A4 du CidB note aussi que le niveau « reste élevé si un grand nombre de personnes parlent en même temps ». La page sur le bruit en restaurant et en cantine détaille ces cas.
Comment vérifier la valeur d’un rapport
- Cherchez les fréquences. Une moyenne de 500 à 2 000 Hz ne se compare pas à une valeur à 1 kHz.
- Regardez l’état du local. Les arrêtés de 2003 visent un local meublé et non occupé.
- Vérifiez le volume, car le tableau légal change de ligne à 250 m³ puis à 512 m³.
- Repérez la méthode de mesure. Les textes de 2003 renvoient à la norme NF S 31-057, que le guide du CNB dit « annulée ». Il recommande le guide de mesures du ministère (DGALN).
- Demandez d’où vient la cible : limite légale, norme inscrite au programme ou recommandation.
- Méfiez-vous des mots « réverbérant » et « assourdi ». Aucune source lue n’en donne les bornes.
Pour passer de la durée visée à la surface à traiter, voyez le calcul du temps de réverbération. La page sur la correction acoustique d’un local situe ces valeurs dans la démarche, et celle sur le métier d’acousticien aide à lire son rapport.
Textes et sources
- Arrêté du 25 avril 2003, enseignement : Légifrance
- Arrêté du 25 avril 2003, santé : Légifrance
- Arrêté du 25 avril 2003, hôtels : Légifrance
- Arrêté du 30 juin 1999, logements : Légifrance
- Arrêté du 8 décembre 2014, art. 9 : Légifrance
- Arrêté du 20 avril 2017 : Légifrance
- Code du travail, R.4213-5 : Légifrance
- Arrêté du 30 août 1990 : Légifrance
- Guide du CNB n° 6, octobre 2024 : bruit.fr
- CidB, fiche A4 : bruit.fr
- CidB, guide Resto Quiet, 2017, édité avec le soutien de fabricants de matériaux : bruit.fr
- Bâtir l’École, notice Acoustique : Bâtir l’École
- OMS, Community Noise, 1995, copie autorisée : nonoise.org
- INRS, ED 6103 : INRS
- INRS, fiche n° 63 : INRS
- Travail & Sécurité n° 882, juin 2026 : INRS
- G. Capdeville, exposé du 22 septembre 2026 : inrs.fr
- NF S 31-080, octobre 2025 : AFNOR
- NF S 31-299, référence AFNOR d’octobre 2025 : AFNOR
