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Repères Acoustique
Niveau sonore, dB(A)Carte fictive

Temps de réverbération recommandé : quelles valeurs pour quel local ?

Les textes lus ne fixent une durée de réverbération que pour certains bâtiments neufs, comme les écoles et la santé : 0,4 à 0,8 s dans une classe de 250 m³ ou moins. Ailleurs, les valeurs publiées restent des recommandations.

Mise à jour :

Les chiffres à retenir

  • 0,4 à 0,8 s Salle de classe neuve de 250 m³ ou moins, meublée et non occupée valeur réglementaire Arrêté du 25 avril 2003, enseignement, art. 5
  • 1,2 s Maximum pour une salle de restauration scolaire neuve de plus de 250 m³ valeur réglementaire Arrêté du 25 avril 2003, enseignement, art. 5
  • 0,8 s Maximum pour une chambre ou un bureau de consultation de 250 m³ ou moins, en bâtiment neuf valeur réglementaire Arrêté du 25 avril 2003, santé, art. 5
  • 25 % Aire d’absorption minimale, rapportée au sol, dans une salle de restauration, à défaut d’autre texte. Une surface, pas une durée valeur réglementaire Arrêtés du 8 décembre 2014 et du 20 avril 2017, art. 9
  • 0,63 s Repère pour la parole dans un volume de 250 m³, calculé par la formule du CidB repère CidB, fiche A4
  • 0,6 à 1 s Durée jugée acceptable pour un restaurant de taille moyenne repère CidB, guide Resto Quiet
Sur cette page
  1. Ce que la loi fixe, et seulement pour certains bâtiments
  2. Temps de réverbération recommandé : pas de valeur unique
  3. Ce qui reste une recommandation : repère du CidB, CNB, normes volontaires
  4. Locaux de travail : on parle de décroissance DL, pas de durée
  5. Pourquoi une valeur conforme ne suffit pas toujours
  6. Comment vérifier la valeur d’un rapport
  7. Textes et sources

Il n’existe pas de temps de réverbération recommandé unique. Les textes lus ne fixent une durée que pour certains bâtiments neufs, écoles et établissements de santé. C’est par exemple 0,4 à 0,8 s dans une salle de classe de 250 m³ ou moins. Ailleurs, les valeurs publiées sont des recommandations, et elles changent avec le volume, l’usage et la fréquence retenue.

Ce que la loi fixe, et seulement pour certains bâtiments

Durées de réverbération fixées par les arrêtés du 25 avril 2003, art. 5, bâtiments neufs. Selon le guide du CNB : moyenne des octaves de 500, 1 000 et 2 000 Hz, locaux normalement meublés et non occupés
LocalVolumeDuréeArrêté
Salle d’enseignement250 m³ ou moins0,4 à 0,8 sEnseignement
Salle d’enseignement, sauf atelier bruyantPlus de 250 m³0,6 à 1,2 sEnseignement
Salle de restauration scolaire250 m³ ou moins0,4 à 0,8 sEnseignement
Salle de restauration scolairePlus de 250 m³≤ 1,2 sEnseignement
Salle polyvalente scolaire, avec étude particulièrePlus de 250 m³0,6 à 1,2 sEnseignement
Autres locaux accessibles aux élèvesDe 250 à 512 m³≤ 1,2 sEnseignement
Autres locaux accessibles aux élèvesPlus de 512 m³≤ 0,15 × racine cubique de VEnseignement
Chambre, salle d’examen, bureau de consultation250 m³ ou moins≤ 0,8 sSanté
Salle de restauration250 m³ ou moins≤ 0,8 sSanté
Salle de repos du personnel250 m³ ou moins≤ 0,5 sSanté
Accueil du public250 m³ ou moins≤ 1,2 sSanté

Durée ou temps de réverbération, c’est la même grandeur : le temps que met un son à perdre 60 dB après l’arrêt de la source. V désigne le volume en m³. Pour lire ces valeurs, le guide du Conseil national du bruit (CNB) retient la « moyenne arithmétique » des octaves de 500, 1 000 et 2 000 Hz. Il les entend dans des « locaux normalement meublés et non occupés ».

La formule en 0,15 prolonge le seuil de 1,2 s. La racine cubique de 512 vaut 8, et 0,15 × 8 = 1,2 s. Pour un hall de 1 000 m³, elle donne 1,5 s. Les locaux publics de santé de plus de 250 m³ suivent la même règle. Les tableaux complets figurent aux pages sur l’acoustique des écoles et sur les établissements de santé, et la réglementation acoustique des bâtiments situe ces arrêtés.

Les autres textes parlent de surface plutôt que de durée. Pour les logements et les hôtels, ils demandent une aire d’absorption d’au moins le quart du sol dans certaines circulations. Les arrêtés sur l’accessibilité des établissements recevant du public, de 2014 et 2017, prévoient, à défaut d’autre texte, une aire d’au moins 25 % du sol. Elle concerne les espaces d’accueil et d’attente et les salles de restauration. Dans les textes lus, aucune durée n’est fixée pour un restaurant ou un café situé hors enseignement et santé, comme l’explique la page acoustique d’un restaurant.

Temps de réverbération recommandé : pas de valeur unique

Le volume et l’usage jouent ensemble. La fiche A4 du Centre d’information sur le bruit (CidB) publie un graphique de la « durée de réverbération optimale », à 1 000 Hz, de 50 à 10 000 m³. Ses quatre courbes se superposent, de bas en haut : parole en direct, musique de chambre, musique symphonique, musique religieuse. Toutes montent avec le volume.

La fréquence change aussi le chiffre. Les arrêtés de 2003 prennent la moyenne de 500, 1 000 et 2 000 Hz. Le repère du CidB vise 500 et 1 000 Hz. Une fiche de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) sur un restaurant d’entreprise donne une valeur à 1 kHz. Sans ces conditions, comparer deux durées n’a pas de sens.

Salle de classe vide avec tables et chaises, plafond perforé et grandes fenêtres
Image d’illustration.

Ce qui reste une recommandation : repère du CidB, CNB, normes volontaires

La fiche A4 donne un ordre de recherche. La durée à respecter se trouve dans les « textes réglementaires » ou dans les « pièces écrites de l’opération ». Si elle n’est précisée nulle part, on peut utiliser le graphique ou la formule T = 0,1 × racine cubique de V, où T est la durée. Cette formule « est surtout valable dans le domaine des locaux de parole », et la fiche tolère 30 % de plus dans les graves. C’est un repère, sans valeur de norme.

Le repère du CidB pour la parole, calculé pour quelques volumes
VolumeT = 0,1 × racine cubique de V
50 m³0,37 s
100 m³0,46 s
250 m³0,63 s
500 m³0,79 s
1 000 m³1,00 s
5 000 m³1,71 s

Ce repère n’est pas la règle légale en 0,15. Il s’écarte aussi du graphique de sa propre fiche. Les deux concordent à peu près jusqu’à 500 m³ environ, puis la formule monte plus vite, jusqu’à près du double de la courbe de la parole vers 10 000 m³. La fiche propose l’un ou l’autre sans limiter la formule. Pour un grand volume, comme dans les salles polyvalentes, mieux vaut ne pas s’en tenir à la formule seule.

Autres valeurs publiées, sans force de limite légale
LocalValeurSource
Crèche, salles de jeux0,5 à 0,6 sGuide du CNB, volet B
Bâtiment de sport, salles, halls et restaurants de plus de 250 m³≤ 0,10 × racine cubique de V, de 500 à 4 000 HzGuide du CNB, volet B
Bâtiment de sport, mêmes locaux de 250 m³ ou moins≤ 0,6 s, de 500 à 2 000 Hz, ou aire d’absorption au moins égale au solGuide du CNB, volet B
Salle de classe, espace administratif0,6 sNotice Bâtir l’École, citant l’OMS
Salle de musique, polyvalente, de sport, de restauration scolaire1 sNotice Bâtir l’École, citant l’OMS
Restaurant « de taille moyenne »0,6 à 1 sCidB, guide Resto Quiet
Bureau assez pourvu en matériaux absorbants≤ 0,5 sTravail & Sécurité n° 882

Chaque ligne appelle une réserve. Les « restaurants » du CNB sont ceux des bâtiments de sport, pas un restaurant de ville. La notice Bâtir l’École parle d’« indicateurs cibles souhaitables », alors que l’arrêté admet jusqu’à 1,2 s au-delà de 250 m³. Nous avons retrouvé ces chiffres de l’OMS dans une copie de Community Noise de 1995, sans pouvoir ouvrir la version finale de 1999. Le guide Resto Quiet ne définit pas la « taille moyenne ».

Les normes restent volontaires et payantes. La NF S 31-080 concerne les bureaux et locaux tertiaires, et la NF S 31-299, référencée par l’AFNOR en octobre 2025, les bars et les restaurants. Cette page ne reproduit pas leurs valeurs.

Locaux de travail : on parle de décroissance DL, pas de durée

Dans un atelier, le droit du travail ne raisonne pas en secondes. L’article R.4213-5 du Code du travail vise les locaux dont les équipements peuvent exposer à plus de 85 dB(A) par jour. Le dB(A) est un décibel filtré qui imite la sensibilité de l’oreille. L’arrêté du 30 août 1990 chiffre alors la décroissance DL, ce que perd le niveau quand la distance à la source double. La page sur l’acoustique industrielle donne ses valeurs.

Cette grandeur ne vaut pas partout. Selon l’INRS, elle « n’est toutefois pas adaptée à la qualification de locaux de petites dimensions (grande longueur < 16 m ou petite longueur < 8 m) ». On y emploie alors la durée de réverbération, mais l’INRS ajoute : « La réglementation sur la protection des travailleurs ne prend pas en compte ce paramètre. »

Pourquoi une valeur conforme ne suffit pas toujours

Guy Capdeville, consultant privé en acoustique, décrit trois restaurants scolaires au plafond déjà absorbant, dans un exposé à une matinée de l’INRS. Leurs durées atteignent 0,85, 0,7 et 0,7 s pour une cible de moins de 1,2 s. Pendant le service, le niveau moyen reste à 84, 81 et 80 dB(A).

Sa conclusion n’engage que lui : « La seule maîtrise du temps de réverbération n’est pas forcément suffisante pour permettre d’obtenir un local satisfaisant d’un point de vue acoustique. » La fiche A4 du CidB note aussi que le niveau « reste élevé si un grand nombre de personnes parlent en même temps ». La page sur le bruit en restaurant et en cantine détaille ces cas.

Comment vérifier la valeur d’un rapport

  1. Cherchez les fréquences. Une moyenne de 500 à 2 000 Hz ne se compare pas à une valeur à 1 kHz.
  2. Regardez l’état du local. Les arrêtés de 2003 visent un local meublé et non occupé.
  3. Vérifiez le volume, car le tableau légal change de ligne à 250 m³ puis à 512 m³.
  4. Repérez la méthode de mesure. Les textes de 2003 renvoient à la norme NF S 31-057, que le guide du CNB dit « annulée ». Il recommande le guide de mesures du ministère (DGALN).
  5. Demandez d’où vient la cible : limite légale, norme inscrite au programme ou recommandation.
  6. Méfiez-vous des mots « réverbérant » et « assourdi ». Aucune source lue n’en donne les bornes.

Pour passer de la durée visée à la surface à traiter, voyez le calcul du temps de réverbération. La page sur la correction acoustique d’un local situe ces valeurs dans la démarche, et celle sur le métier d’acousticien aide à lire son rapport.

Textes et sources

  • Arrêté du 25 avril 2003, enseignement : Légifrance
  • Arrêté du 25 avril 2003, santé : Légifrance
  • Arrêté du 25 avril 2003, hôtels : Légifrance
  • Arrêté du 30 juin 1999, logements : Légifrance
  • Arrêté du 8 décembre 2014, art. 9 : Légifrance
  • Arrêté du 20 avril 2017 : Légifrance
  • Code du travail, R.4213-5 : Légifrance
  • Arrêté du 30 août 1990 : Légifrance
  • Guide du CNB n° 6, octobre 2024 : bruit.fr
  • CidB, fiche A4 : bruit.fr
  • CidB, guide Resto Quiet, 2017, édité avec le soutien de fabricants de matériaux : bruit.fr
  • Bâtir l’École, notice Acoustique : Bâtir l’École
  • OMS, Community Noise, 1995, copie autorisée : nonoise.org
  • INRS, ED 6103 : INRS
  • INRS, fiche n° 63 : INRS
  • Travail & Sécurité n° 882, juin 2026 : INRS
  • G. Capdeville, exposé du 22 septembre 2026 : inrs.fr
  • NF S 31-080, octobre 2025 : AFNOR
  • NF S 31-299, référence AFNOR d’octobre 2025 : AFNOR