Une chambre d’hôtel neuve doit offrir 50 dB d’isolement avec la chambre voisine et 38 dB avec le couloir, et ne pas recevoir plus de 30 dB(A) d’un équipement extérieur. Ces limites de l’arrêté du 25 avril 2003 sont le socle de l’acoustique d’un hôtel. Elles fixent un minimum, et un programme peut viser plus haut.
Acoustique d’un hôtel : une chambre et ce qui l’entoure
Imaginez une chambre au premier étage, à côté de l’ascenseur, au-dessus du bar, sur une rue où les camions livrent tôt le matin. Chacun de ces voisins a sa règle.
- Avec la chambre d’à côté, il faut 50 dB dans la chambre et 45 dB dans la salle de bains. Cet isolement, noté DnT,A, est la baisse de niveau constatée sur place d’une pièce à l’autre.
- Le couloir n’a droit qu’à 38 dB, porte comprise.
- Le bar du dessous relève de 55 dB. Ses bruits de pas ou de chaises sont limités à 60 dB en L’nT,w, qui chiffre ce que la chambre reçoit d’une machine à chocs normalisée posée au sol voisin.
- L’ascenseur ne doit pas dépasser 30 dB(A) dans la chambre, le dB(A) étant un décibel ajusté à ce que perçoit l’oreille.
- La climatisation de la chambre elle-même a droit à 35 dB(A).
- La rue impose 30 dB à la façade, en DnT,A,tr, l’isolement aux bruits extérieurs. Face à une aire de livraison extérieure, ce chiffre monte à 35 dB.
Toutes ces valeurs sont des limites légales pour les bâtiments neufs et les parties nouvelles. La circulaire du 25 avril 2003 admet 3 dB de tolérance, et 3 dB(A) pour les équipements, mais seulement pour interpréter une mesure.
Ce que l’arrêté du 25 avril 2003 impose aux hôtels
| Le bruit vient de | Chambre | Salle de bains |
|---|---|---|
| Une chambre voisine, la salle de bains d’une autre chambre | 50 dB | 45 dB |
| Une circulation intérieure | 38 dB | 38 dB |
| Un bureau, un local de repos du personnel, un vestiaire fermé, un hall de réception, une salle de lecture | 50 dB | Pas de valeur |
| Une salle de réunion, un bar, un restaurant, une cuisine, un commerce, un atelier, un parking ou garage, une zone de livraison fermée, un gymnase, une piscine intérieure, des sanitaires collectifs, une salle de TV, une laverie, un local poubelles | 55 dB | Pas de valeur |
| Un casino, un salon de réception sans sonorisation, un club de santé, une salle de jeux | 60 dB | Pas de valeur |
| Une discothèque, une salle de danse | Renvoi à un texte abrogé | Pas de valeur |
La dernière ligne appelle à la prudence. Le tableau de l’arrêté renvoie, pour les discothèques et salles de danse, à l’arrêté du 15 décembre 1998. Ce texte a été abrogé par l’arrêté du 17 avril 2023, et nous ne donnons donc aucun chiffre pour ce cas. Ce cas relève aujourd’hui du régime des lieux diffusant des sons amplifiés.
Les couloirs sur lesquels donnent les chambres doivent en outre présenter une aire d’absorption équivalente égale au quart de leur surface au sol. Ce traitement réduit le bruit des voix et des valises avant qu’il n’atteigne les portes.

Points faibles courants : portes, gaines, équipements
La porte de la chambre résume le problème. Le texte demande 50 dB entre deux chambres et 38 dB avec le couloir, soit 12 dB d’écart. Le couloir reste donc le voisin le plus audible, surtout si la porte ferme mal ou n’a pas de joint en partie basse.
Une porte de communication entre deux chambres pose la même question, puisqu’elle s’insère dans une paroi soumise à 50 dB. Elle se concilie difficilement avec cette valeur.
Les gaines viennent ensuite. Un conduit commun à plusieurs salles de bains relie les chambres en contournant les cloisons, et une colonne d’eau mal désolidarisée transmet ses bruits le long de la structure. Ces voies ne se voient pas sur le plan de cloisonnement.
Les équipements, enfin, se jugent de nuit. Un ventilo-convecteur peut respecter ses 35 dB(A) et réveiller un client au moment où le silence revient. Rien n’interdit de viser moins dans le programme.
Ce qui n’est pas couvert : parties communes, restauration, événementiel
L’arrêté protège la chambre. Il dit combien de bruit peut y entrer depuis un bar ou un salon, sans dire si l’on s’entend dans ce bar. Le confort d’un restaurant ou d’une salle de séminaire relève donc d’abord du programme de l’hôtel, même si d’autres textes, sur l’accessibilité notamment, peuvent y ajouter des exigences d’absorption.
Un salon de réception sonorisé change de régime, car la musique amplifiée obéit à ses propres limites pour le public et les riverains. Quand une telle salle, un gymnase ou une salle de sport se trouve sous des chambres, une structure désolidarisée est une réponse possible.
- 1Gros œuvre du bâtiment existant.
- 2Seconde enveloppe indépendante, avec laine minérale dans la lame d’air.
- 3Dalle flottante sur plots antivibratiles : les basses fréquences ne passent plus directement dans la structure.
- 4Volume de la salle : aucune liaison rigide avec le gros œuvre.
Rénovation lourde : ce qui devient obligatoire
Un hôtel existant n’a pas à atteindre ces valeurs, et la circulaire publiée le même jour que l’arrêté recommande seulement de s’en rapprocher.
Prenons un hôtel de centre-ville qui refait ses fenêtres lors d’une rénovation énergétique globale. S’il figure en zone de dépassement des cartes de bruit, les nouvelles fenêtres de ses chambres doivent atteindre un seuil acoustique. Ce seuil est fixé en application de l’article R.154-4 du Code de la construction. Le plan de gêne sonore d’un aéroport produit le même effet. Le même chantier hors de ces zones n’a pas cette obligation.
Il reste alors le principe de non-dégradation. En cas de réhabilitation ou de changement de destination, le guide du Conseil national du bruit (CNB) juge « vivement conseillé » de chercher à atteindre les performances exigées pour le neuf. Le détail figure à la page sur l’acoustique des bâtiments existants.
Programme d’un hôtel : fixer des objectifs au-delà du minimum
La comparaison avec les textes voisins donne un repère utile. Entre deux chambres d’hôtel, le minimum est de 50 dB. Entre deux logements neufs, le confort acoustique du logement repose sur 53 dB. L’arrêté sur les établissements de santé, de même date, se limite à 42 dB entre deux chambres de patients. L’écart de 3 dB entre l’hôtel et le logement correspond à un doublement de l’énergie sonore transmise.
| Type de bâtiment | Isolement avec le voisin | Bruit de choc, maximum | Équipement extérieur, maximum |
|---|---|---|---|
| Hôtel | 50 dB | 60 dB | 30 dB(A) |
| Logement | 53 dB | 58 dB | 30 dB(A) |
| Établissement de santé | 42 dB | 60 dB | 30 dB(A) |
Rien n’oblige un hôtelier à faire mieux que la première ligne. Il peut pourtant inscrire les valeurs du logement dans son programme, puis les faire vérifier par des mesures à la réception, que l’arrêté n’impose pas lui-même.
Fixer ces objectifs suppose de connaître les notions de base de l’acoustique et les textes propres à chaque type de bâtiment. Le travail de l’acousticien fait l’objet d’une page à part.
Les labels et certifications volontaires ont leurs propres critères et n’ont pas de valeur réglementaire. Avant de s’y fier, il faut lire ce qu’ils mesurent, et sur combien de chambres.
Textes et sources
- Arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les hôtels : Légifrance
- Circulaire du 25 avril 2003 : Légifrance
- Arrêté du 17 avril 2023 sur les activités diffusant des sons amplifiés : Légifrance
- Code de la construction et de l’habitation, article R.154-4 : Légifrance
- Arrêté du 30 juin 1999 relatif aux caractéristiques acoustiques des bâtiments d’habitation : Légifrance
- Arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements de santé : Légifrance
- Guide du CNB n° 6, Réglementations acoustiques des bâtiments, octobre 2024 : bruit.fr
