La norme ISO 22955, publiée en France sous la référence NF ISO 22955 en octobre 2021, traite de la qualité acoustique des open spaces. Elle a remplacé la norme française NF S 31-199. Ce texte recommande et n’oblige pas. En dehors du risque pour l’audition et du bruit de chaufferie, aucun texte de loi ne fixe de seuil pour un plateau de bureaux.
La norme est vendue par AFNOR et cette page n’en reproduit pas le contenu. Les valeurs citées ici sont celles que publie l’INRS dans sa brochure ED 6402 (2e édition, février 2026).
Pourquoi l’open space pose un problème particulier
Sur un plateau ouvert, la gêne tient moins au volume sonore qu’à ce que l’on comprend. Une conversation à trois postes de là reste intelligible et accroche l’attention. Un souffle de ventilation au même niveau se laisse oublier plus facilement.
D’où des indicateurs centrés sur la parole : ce qu’il reste d’une voix quand on s’éloigne, et ce qu’elle perd d’un poste à l’autre. Ils s’ajoutent au simple niveau de bruit, exprimé en dB(A), une unité corrigée selon ce que l’oreille perçoit le mieux.
De la NF S 31-199 à la NF ISO 22955
Plusieurs références circulent, et toutes ne parlent pas de la même chose.
| Référence | Objet | Situation |
|---|---|---|
| NF S 31-199, mars 2016 | Performances acoustiques des espaces ouverts de bureaux | Annulée, remplacée par la NF ISO 22955 |
| NF ISO 22955, octobre 2021 | Qualité acoustique des espaces de bureaux ouverts | En vigueur |
| NF S 31-080, octobre 2025 | Bureaux et espaces associés, par type d’espace | En vigueur |
| NF S 31-299 | Bars et restaurants | Ne concerne pas les bureaux |
Un cahier des charges qui cite encore la NF S 31-199 vise donc une norme annulée. La mention « NF EN ISO 22955 » se lit chez certains vendeurs, alors qu’AFNOR et l’INRS écrivent NF ISO 22955. Pour les bureaux cloisonnés et les salles de réunion, la référence est ailleurs, sur la page acoustique des locaux tertiaires.

Les indicateurs à connaître et leurs cibles
L’INRS donne ses cibles selon la façon de travailler. Il mesure les indicateurs de parole selon la NF EN ISO 3382-3 (édition 2022).
| Indicateur | Ce qu’il décrit | Cible de l’INRS |
|---|---|---|
| Niveau de bruit ambiant | Le bruit d’activité sur le plateau | 55 dB(A) au maximum pour les plateaux les plus bruyants, jusqu’à 48 dB(A) pour un travail peu collaboratif |
| Niveau de parole à 4 m | Ce qu’il reste d’une voix à 4 m | Moins de 48 dB(A) dans les zones collaboratives |
| D2,S | Ce qu’une voix perd à chaque doublement de distance | Plus de 8 dB(A) dans les zones collaboratives |
| DA,S | Ce qu’une voix perd entre deux postes | 6 dB(A) comme seuil minimal, moins de 4 dB(A) entre les postes d’une même équipe en travail collaboratif |
À titre d’illustration, soit une voix à 48 dB(A) à 4 m, sur un plateau où le D2,S vaut 8 dB(A). À 8 m, il en reste 40 dB(A), et à 16 m, 32 dB(A). Bruitparif rappelle qu’une source ponctuelle perd 6 dB à chaque doublement de distance. Une cible de 8 dB(A) demande donc au plateau de faire mieux que le seul éloignement.
On lit aussi « rayon de distraction », la distance à partir de laquelle la parole d’un voisin cesse de déconcentrer. Faute de source vérifiée, cette page ne lui attribue aucune valeur.
Écrans, plafond, zonage : ce que met en avant l’INRS
La brochure ED 6402 donne un exemple chiffré. Un écran de 65 cm, dont le haut arrive à 1,40 m du sol, associé à un plafond de classe A, atteint les 6 dB(A) entre postes.
- 1Écrans entre postes : ils coupent le trajet direct de la voix entre voisins.
- 2Absorbants au plafond et sur les murs : ils limitent ce qui revient vers les autres postes.
- 3Salle fermée pour les réunions, à l’écart des postes qui demandent de la concentration.
- 4Petit local fermé pour les appels et les échanges courts.
Une présentation publiée par l’INRS en septembre 2026 trace la marche à suivre. La norme s’inscrit au programme, et le bruyant et le calme se séparent sur le plan. Un bureau d’études en acoustique suit les phases d’avant-projet et de projet. Des mesures sur place valident la réception.
La ventilation et la climatisation pèsent sur le résultat : leur bruit est traité à la page acoustique et aéraulique. Pour la différence entre isolement et absorption, voir les fondamentaux de l’acoustique. Le rôle de l’acousticien sur ce type de projet est décrit à part.
Bruit gênant et risque auditif : deux questions différentes
Les cibles de 48 à 55 dB(A) sont très en dessous de la première valeur d’action du Code du travail, 80 dB(A) sur une journée. Un plateau qui les tient ne pose pas de question d’audition.
La gêne existe pourtant. L’INRS signale entre 60 et 80 dB(A) une possible fatigue cognitive, de l’insatisfaction et de l’irritation. Les obligations de l’employeur face au bruit répondent au risque auditif et ne chiffrent rien à ces niveaux.
Norme ISO 22955 et open space : les limites d’un texte volontaire
L’INRS l’écrit en toutes lettres : « Une valeur cible n’est pas une valeur requise ». Un plateau au-dessus de 55 dB(A) n’enfreint aucun texte pour cette seule raison.
La NF ISO 22955 compte dans un projet quand un programme ou un contrat la cite. Il reste alors à prévoir qui mesure, à quel moment et selon quelle méthode.
Textes et sources
- INRS, ED 6402, « Environnement sonore en bureaux ouverts », 2e édition, février 2026 : PDF
- T. Bonzom, présentation publiée par l’INRS, 22 septembre 2026 : PDF
- NF ISO 22955 : AFNOR
- NF S 31-199 : AFNOR
- NF S 31-080 : AFNOR
- Guide du CNB n° 6, version d’octobre 2024 : PDF
- Code du travail, articles R4431-1 à R4437-4 : Légifrance
- INRS, effets du bruit sur la santé : inrs.fr
- Bruitparif, « Physique du son » : PDF
