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Repères Acoustique
Niveau sonore, dB(A)Carte fictive

Acoustique industrielle : la méthode pour réduire le bruit d’un atelier

En acoustique industrielle, on agit sur la machine, puis sur le chemin du son, puis sur le local. Au-delà de 85 dB(A), le Code du travail impose de concevoir le local pour limiter la réverbération.

Mise à jour : novembre 2026

Les chiffres à retenir

12
  • 170 dB(A)Niveau en limite de propriété d’une installation classée soumise à autorisation, de jourvaleur réglementaireArrêté du 23 janvier 1997
  • 2 dB(A)Décroissance par doublement de distance, local vide jusqu’à 210 m²valeur réglementaireArrêté du 30 août 1990
  • 4 dB(A)Décroissance par doublement de distance, local avec machines de plus de 1 000 m²valeur réglementaireArrêté du 30 août 1990
  • 285 dB(A)Exposition quotidienne au-delà de laquelle le local doit être conçu pour réduire la réverbérationvaleur réglementaireCode du travail, R.4213-5
Les autres limites sur cette échelle
  1. 30 dB(A)Ventilation au débit minimal, pièce principale d’un logement
  2. 35 dB(A)Chauffage ou climatisation individuels, pièce principale
  3. 48 dB(A)Cible INRS, bureaux ouverts à travail peu collaboratif
  4. 53 dB LdenRecommandation de l’OMS pour le bruit routier
  5. 55 dB(A)Cible INRS maximale, bureaux ouverts les plus bruyants
  6. 60 dB(A)Route nouvelle, façade de logement en ambiance modérée, de jour
  7. 68 dB LdenValeur limite du bruit routier sur les cartes de bruit
  8. 80 dB(A)Valeur d’action inférieure au travail
  9. 87 dB(A)Valeur limite d’exposition au travail
  10. 94 dB(A)Son amplifié, enfants jusqu’à six ans révolus, sur 15 minutes
  11. 102 dB(A)Son amplifié pour le public, sur 15 minutes
Sur cette page
  1. Mesurer avant d’agir : exposition et bruit rayonné
  2. Agir d’abord à la source : machine, choc, vibration
  3. Limiter la propagation : capotage, encoffrement, écrans
  4. Traiter le local : ce que l’absorption fait, et ce qu’elle ne fait pas
  5. Intégrer l’acoustique industrielle dès la conception d’un site
  6. Textes et sources

Pour réduire le bruit d’un atelier, on traite dans l’ordre la machine, le chemin du son, puis le local. C’est la méthode de base de l’acoustique industrielle : plus on agit près de la source, plus le gain profite à tout l’atelier. Le terme désigne parfois aussi les ultrasons de puissance. Cette page parle du bruit des ateliers et des usines.

Mesurer avant d’agir : exposition et bruit rayonné

Deux mesures répondent à deux questions. L’exposition de la journée dit ce que reçoit un salarié. Elle s’exprime en dB(A), des décibels corrigés selon la sensibilité de l’oreille, et se compare aux valeurs du Code du travail, détaillées sur la page prévention du bruit au travail. Le bruit rayonné par chaque machine dit laquelle traiter en premier.

Ce classement compte, parce que les décibels ne s’additionnent pas comme des nombres ordinaires.

Les décibels ne s’additionnent pas comme des nombres ordinaires
60 dB+60 dB=63 dBExemple : deux sources identiques.

Bruitparif rappelle la règle : doubler la source ajoute 3 dB. Dans un atelier où deux presses identiques tournent côte à côte, en capoter une seule ne fera donc pas gagner plus que cet écart. Quatre machines identiques font 6 dB de plus qu’une seule, et il faut les traiter ensemble pour que le gain s’entende.

Agir d’abord à la source : machine, choc, vibration

Un choc évité n’a plus besoin d’être isolé. Réduire une hauteur de chute, remplacer un contact métal contre métal, changer d’outil ou de cadence agit sur tout l’atelier d’un coup. Il en va de même pour une soufflette ou un échappement d’air comprimé.

La vibration suit une autre route. Une machine mal désolidarisée fait vibrer le sol ou un bâti, qui rayonne à son tour. La pose sur des appuis adaptés coupe ce passage.

Le moment le plus simple pour agir reste le choix de la machine. Le niveau de bruit annoncé par le fabricant se compare dès l’achat, avant que la machine soit scellée et raccordée. L’INRS publie des fiches de cas, dont une est citée plus bas, qui donnent le détail par situation.

Atelier de métallurgie vide, machines-outils en rangées sur un sol en béton et baffles absorbants suspendus sous la toiture
Image d’illustration.

Limiter la propagation : capotage, encoffrement, écrans

Un capotage ou un encoffrement enferme la machine, et son efficacité dépend de ses points faibles : trappes de service, passages de câbles, entrées d’air. Le Centre d’information sur le bruit (CidB) le rappelle à propos des parois : « l’énergie acoustique cherche toutes les voies de transmission possibles ». La différence entre ce qui bloque le son et ce qui l’absorbe est expliquée à la page isolement et absorption acoustiques.

Une machine enfermée doit respirer, et c’est là qu’interviennent les silencieux et pièges à son. L’INRS rapporte le cas d’un local de compresseur équipé de silencieux à lames inclinées, avec 11,5 dB(A) de moins. Ce résultat vaut pour ce cas. La même fiche précise que la vitesse d’air entre les lames doit rester sous 3,5 m/s, « sinon le silencieux régénère du bruit ».

Un écran protège le poste placé juste derrière. Il laisse passer ce qui revient par le plafond et les murs, ce qui explique qu’il apporte peu dans un local très réverbérant.

Traiter le local : ce que l’absorption fait, et ce qu’elle ne fait pas

Le Code du travail vise les locaux dont les équipements peuvent exposer à plus de 85 dB(A) par jour. Ils doivent être conçus pour réduire la réverbération (article R.4213-5). L’arrêté du 30 août 1990 chiffre l’objectif avec la décroissance DL, c’est-à-dire ce que perd le niveau sonore quand la distance à la source double. Il s’applique si la réverbération augmente l’exposition d’au moins 3 dB(A), et d’office en l’absence d’étude.

Décroissance à atteindre par doublement de distance, S étant la surface en m²
Surface du localLocal videLocal avec machines
Jusqu’à 210 m²2 dB(A)3 dB(A)
De 210 à 1 000 m²1,5 log S - 1,51,5 log S - 0,5
De 1 000 à 4 600 m²1,5 log S - 1,54 dB(A)
Plus de 4 600 m²4 dB(A)4 dB(A)

Pour un hall équipé de 500 m², pris comme exemple, le calcul donne 1,5 × log 500 - 0,5, soit environ 3,5 dB(A). À titre de comparaison, une source ponctuelle à l’air libre perd 6 dB par doublement de distance selon Bruitparif. Un local fait moins bien parce que ses parois renvoient une partie du son.

Le CidB donne l’ordre de grandeur du traitement : doubler l’aire d’absorption abaisse le niveau de 3 dB. Ce gain porte sur le son réfléchi. L’opérateur au contact de sa machine reçoit surtout le son direct et en profite peu, alors que les postes plus éloignés en profitent davantage. Dans un atelier, l’absorption accompagne donc le travail sur la source et ne le remplace pas. La page correction acoustique d’un local reprend ces notions hors du cadre industriel.

Intégrer l’acoustique industrielle dès la conception d’un site

Le plan d’implantation décide une bonne part du résultat. Regrouper les machines bruyantes, éloigner les bureaux, placer compresseurs et ventilateurs loin des façades voisines reste plus simple au stade du dessin qu’après la mise en service.

La question ne s’arrête pas à la clôture. Pour une installation classée soumise à autorisation, l’arrêté du 23 janvier 1997 plafonne le niveau en limite de propriété à 70 dB(A) de jour et 60 dB(A) de nuit. Seul un bruit résiduel déjà plus élevé y fait exception. Il ajoute des valeurs d’émergence chez les riverains, l’émergence étant l’écart entre le bruit avec et sans l’installation. Le détail figure sur la page limites de bruit des ICPE.

Pour qui envisage d’en faire son métier, la page devenir acousticien donne des repères.

Textes et sources

  • Code du travail, article R.4213-5 : Légifrance
  • Arrêté du 30 août 1990 : Légifrance
  • INRS, Focus sur le bruit dans les locaux : PDF
  • INRS, fiche sur l’entrée et l’extraction d’air d’un local compresseur : PDF
  • Arrêté du 23 janvier 1997, installations classées : Légifrance et AIDA
  • Bruitparif, « Physique du son » : PDF
  • CidB, fiche sur les caractéristiques acoustiques d’un local : PDF
  • CidB, fiche sur l’isolement acoustique : PDF