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Repères Acoustique
Niveau sonore, dB(A)Carte fictive

Acoustique d’une salle polyvalente : sport, fêtes et spectacles dans le même volume

Aucun arrêté ne fixe l’acoustique d’une salle polyvalente communale. Les limites viennent de son usage : 102 dB(A) pour le public en musique amplifiée, 3 dB(A) d’émergence pour les riverains.

Mise à jour : novembre 2026

Les chiffres à retenir

1
  • 1102 dB(A)Niveau maximal pour le public en musique amplifiée, sur 15 minutesvaleur réglementaireCode de la santé publique, R.1336-1
  • 118 dB(C)Niveau maximal pour le même public, en pondération C, sur 15 minutesvaleur réglementaireCode de la santé publique, R.1336-1
  • 3 dB(A)Émergence maximale chez les riverains d’une salle fermée à sons amplifiésvaleur réglementaireCode de l’environnement, R.571-26
  • 5 dB(A)Émergence de base le jour, pour une activité organisée sans sonorisationvaleur réglementaireCode de la santé publique, R.1336-7
  • 0,6 à 1,2 sRéverbération d’une salle polyvalente scolaire de plus de 250 m³valeur réglementaireArrêté du 25 avril 2003, enseignement, art. 5
Les autres limites sur cette échelle
  1. 30 dB(A)Ventilation au débit minimal, pièce principale d’un logement
  2. 35 dB(A)Chauffage ou climatisation individuels, pièce principale
  3. 48 dB(A)Cible INRS, bureaux ouverts à travail peu collaboratif
  4. 53 dB LdenRecommandation de l’OMS pour le bruit routier
  5. 55 dB(A)Cible INRS maximale, bureaux ouverts les plus bruyants
  6. 60 dB(A)Route nouvelle, façade de logement en ambiance modérée, de jour
  7. 68 dB LdenValeur limite du bruit routier sur les cartes de bruit
  8. 70 dB(A)Limite de propriété d’une installation classée soumise à autorisation, de jour
  9. 80 dB(A)Valeur d’action inférieure au travail
  10. 85 dB(A)Valeur d’action supérieure au travail
  11. 87 dB(A)Valeur limite d’exposition au travail
  12. 94 dB(A)Son amplifié, enfants jusqu’à six ans révolus, sur 15 minutes
Sur cette page
  1. L’acoustique d’une salle polyvalente dépend de l’usage
  2. Quel texte pour quelle situation
  3. Réverbération : un compromis plutôt qu’une valeur unique
  4. Acoustique variable : panneaux mobiles et limites
  5. Bruit chez les riverains : sonorisation, sorties, équipements
  6. Cas du gymnase : chocs de ballon, grandes hauteurs
  7. Questions fréquentes
  8. Textes et sources

Une salle polyvalente communale n’a pas de limite acoustique propre, car l’arrêté prévu pour les établissements de loisirs et de sport n’existe pas. Les obligations viennent de ce qui s’y passe. La musique amplifiée et le voisinage ont leurs textes, et le réglage de la réverbération reste un choix du maître d’ouvrage, sauf dans une école.

L’acoustique d’une salle polyvalente dépend de l’usage

Le samedi matin, un match de basket. Le soir, un loto au micro. Le dimanche, un concert d’harmonie. Une salle polyvalente doit faire cohabiter ces usages dans un seul volume, et ils ne demandent pas la même chose.

La parole veut une réverbération courte, pour que les syllabes ne se recouvrent pas. Une harmonie sans sonorisation s’accommode d’une salle plus vivante. La musique amplifiée préfère une salle amortie, puisque la sonorisation apporte son propre niveau. Le sport produit surtout un bruit à contenir, fait de cris, de sifflets et de chocs.

Le réglage se décide donc en fonction de l’usage le plus fréquent ou le plus exigeant. Une salle des fêtes où l’on parle au micro chaque semaine n’appelle pas le même traitement qu’un gymnase qui reçoit un concert par an. Les notions de base figurent à la page sur l’acoustique du bâtiment.

Quel texte pour quelle situation

Ce qui s’applique à une salle polyvalente, selon l’usage et le lieu
SituationValeurTexteNature
Public d’une manifestation à sons amplifiés102 dB(A) et 118 dB(C) sur 15 minCode de la santé publique, R.1336-1Limite légale
Spectacle pour enfants jusqu’à six ans révolus94 dB(A) et 104 dB(C) sur 15 minCode de la santé publique, R.1336-1Limite légale
Riverains d’une salle fermée à sons amplifiésÉmergence de 3 dB(A), et de 3 dB par octave de 125 à 4 000 HzCode de l’environnement, R.571-26Limite légale
Riverains, activité organisée sans sonorisationÉmergence de 5 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit, plus un terme de duréeCode de la santé publique, R.1336-6 et R.1336-7Limite légale
Salle polyvalente d’une école, plus de 250 m³0,6 à 1,2 s, avec étude particulièreArrêté du 25 avril 2003, enseignement, art. 5Limite légale
Chaufferie, dans une zone ouverte au public30 dB(A)Arrêté du 23 juin 1978, art. 6Limite légale
Salle de sport ou de loisirs hors école, réverbérationAucune valeur légaleGuide du CNB n° 6, volet BRecommandation du CNB

Le CNB, cité dans la dernière ligne, est le Conseil national du bruit. Le dB(A) imite la sensibilité de l’oreille, et le dB(C) tient davantage compte des graves. Les valeurs sur 15 minutes concernent le public, à tout endroit de la salle. Elles visent les activités qui dépassent l’équivalent de 80 dB(A) sur 8 heures, soit 95 dB(A) sur 15 minutes.

Gymnase scolaire vide avec parquet, paniers de basket et panneaux absorbants en hauteur
Image d’illustration.

Réverbération : un compromis plutôt qu’une valeur unique

Le volume commande. Pour un gymnase de 8 000 m³, le repère du Centre d’information sur le bruit (CidB) pour la parole donne une durée de réverbération T de 2,0 s, le temps que met un son à perdre 60 dB. Ce chiffre reste un repère, sans valeur de norme, et il ne donne qu’un ordre de grandeur dans un grand volume. La page temps de réverbération recommandé explique pourquoi et présente les autres valeurs publiées.

La formule de Sabine traduit cette durée en matériau à poser : T = 0,16 × V / A, où V est le volume en m³ et A l’aire d’absorption équivalente. Pour 2,0 s à 8 000 m³, il faut 640 m². Comme cette aire additionne chaque surface multipliée par son coefficient d’absorption, la surface réellement traitée est plus grande que le résultat. La page correction acoustique d’un local reprend la démarche.

Dans une école, le texte tranche : entre 0,6 et 1,2 s, avec une étude particulière destinée à garantir une bonne intelligibilité en tout point. Hors école, cette fourchette reste une référence possible, sans caractère obligatoire. L’acoustique des établissements d’enseignement donne le détail des autres locaux scolaires.

Acoustique variable : panneaux mobiles et limites

Puisque T dépend de l’aire d’absorption, on peut la faire varier. Des rideaux lourds, des panneaux pivotants ou des gradins repliables changent le réglage d’un usage à l’autre. Doubler l’aire d’absorption divise T par deux.

Il faut de grandes surfaces pour déplacer vraiment le résultat, et les rideaux agissent moins dans les graves que dans les médiums. Un réglage à manœuvrer à chaque location peut aussi être oublié. Surtout, aucun de ces dispositifs n’isole : chacun change le son dans la salle, sans réduire ce qui sort vers les riverains.

Bruit chez les riverains : sonorisation, sorties, équipements

Pour les riverains, le critère est l’émergence, l’écart entre le bruit ambiant avec l’activité et le bruit résiduel sans elle.

L’émergence : ce que le texte mesure
35 dB(A)42 dB(A)7 dB(A)12
  1. 1Bruit résiduel : le niveau habituel du lieu, sans le bruit en cause.
  2. 2Bruit ambiant : le niveau mesuré quand le bruit en cause est présent. L’écart entre les deux est l’émergence : c’est lui que le droit limite, et non le niveau seul. Valeurs choisies pour l’exemple.

Une salle fermée qui diffuse des sons amplifiés à un niveau élevé doit tenir 3 dB(A) d’émergence pour les bruits produits à l’intérieur. La limite est aussi de 3 dB par octave, de 125 à 4 000 Hz. L’article R.571-26 ne réserve pas cette limite aux lieux à diffusion habituelle. La marge est mince. Deux sources de même niveau font 3 dB de plus qu’une seule. Si la musique arrive chez le voisin au niveau de son bruit de fond, la limite est donc déjà atteinte.

Sans sonorisation, le Code de la santé publique s’applique aux activités sportives, culturelles ou de loisirs organisées de façon habituelle ou soumises à autorisation. Le caractère habituel se compte à partir de 12 jours sur 12 mois ou de plus de 3 jours sur 30, selon l’arrêté du 17 avril 2023. Ce code admet 5 dB(A) de 7 h à 22 h et 3 dB(A) la nuit, plus un terme qui diminue quand le bruit dure.

  • Pour un bruit d’une minute au plus, ce terme vaut 6 dB(A).
  • De 20 minutes à 2 heures, il vaut 3 dB(A).
  • De 2 à 4 heures, il vaut 2 dB(A), soit 7 dB(A) le jour et 5 dB(A) la nuit au total.
  • Au-delà de 8 heures, il est nul.

Ce critère n’est recherché que si le bruit ambiant dépasse 25 dB(A) à l’intérieur des pièces principales, ou 30 dB(A) dans les autres cas. Le détail figure dans la réglementation du bruit de voisinage et, pour la musique, dans les obligations des exploitants de lieux musicaux.

Deux sources sont souvent oubliées. Un groupe de climatisation en toiture peut tourner la nuit, quand le bruit résiduel est au plus bas. La note interministérielle du 7 décembre 2023 le range dans le droit commun du voisinage, et non dans les 3 dB(A) du lieu clos. Les sorties posent une autre question. Selon la même note, le bruit du public dehors peut se constater à l’oreille, et pour le tapage nocturne « une constatation auditive suffit ».

Cas du gymnase : chocs de ballon, grandes hauteurs

Un gymnase cumule un grand volume, des parois dures et des impacts. La hauteur gonfle le volume sans ajouter de surface utile, ce qui allonge la réverbération. Le plafond et le haut des murs sont donc les premières surfaces à traiter, avec des matériaux capables d’encaisser un ballon.

Les chocs entrent directement dans la structure. Dans une école, le niveau L’nT,w, relevé dans une salle voisine quand une machine à chocs normalisée frappe le sol du gymnase, ne doit pas dépasser 45 dB. Ces mêmes salles doivent bénéficier de 53 dB d’isolement en DnT,A, l’écart de niveau mesuré sur place. Hors école, aucun texte équivalent n’existe, et ces valeurs n’ont qu’un intérêt de comparaison.

Questions fréquentes

Une salle des fêtes louée quelques soirs par an doit-elle faire une étude d’impact ?

Pas à ce titre, si la salle reste sous le seuil de la diffusion habituelle. L’étude d’impact des nuisances sonores vise les lieux qui diffusent des sons amplifiés à titre habituel, et les festivals. L’arrêté du 17 avril 2023 retient 12 jours sur 12 mois consécutifs, ou plus de 3 jours sur 30 jours. La question de l’émergence chez les voisins demeure.

Un limiteur de pression acoustique est-il obligatoire ?

Il n’existe pas d’obligation générale. Le limiteur s’impose lorsque l’étude d’impact le prescrit. Il est alors installé selon l’étude, réglé et scellé par un professionnel indépendant, puis vérifié tous les 2 ans ou après une modification de la chaîne de sonorisation.

Faut-il enregistrer les niveaux sonores à chaque soirée ?

L’enregistrement et l’affichage ne sont exigés que pour les lieux dont la capacité d’accueil dépasse 300 personnes, à l’exception des discothèques, qui y sont tenues quelle que soit leur taille. Hors festivals, ils ne visent que les lieux qui diffusent à titre habituel. Les enregistrements se conservent 6 mois.

Textes et sources

  • Code de la santé publique, articles R.1336-1 et suivants : Légifrance
  • Arrêté du 17 avril 2023 sur les activités diffusant des sons amplifiés : Légifrance
  • Note d’information interministérielle du 7 décembre 2023 : bruit.fr
  • Arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements d’enseignement : Légifrance
  • Guide du CNB n° 6, Réglementations acoustiques des bâtiments, octobre 2024 : bruit.fr
  • CidB, fiche A3, caractéristiques acoustiques d’un local : bruit.fr
  • CidB, fiche A4, correction acoustique : bruit.fr
  • CidB, bruits de comportement et tapage nocturne : bruit.fr